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En bref : deux tubes de cuivre isolés relient le groupe extérieur à chaque unité intérieure. Les fabricants admettent 15 à 25 m de longueur et 8 à 15 m de dénivelée ; au-delà de 5 à 7 m préchargés, il faut ajouter du fluide. Et jamais de raccord encastré.
C’est la partie invisible de l’installation, celle dont on ne parle jamais, et pourtant celle qui décide de la durée de vie de la machine. Comprendre ce qu’est une liaison frigorifique permet de lire un devis autrement, et de repérer une pose bâclée.
De quoi il s’agit
Entre l’unité extérieure et chaque unité intérieure circulent deux tubes de cuivre, de diamètres différents, dans lesquels passe le fluide frigorigène. L’un transporte le fluide sous forme liquide, l’autre sous forme gazeuse.
Ces deux tubes sont isolés individuellement, regroupés avec le câble électrique de commande et le tuyau d’évacuation des condensats, puis protégés par une goulotte ou passés en encastré.
Le tout forme la liaison frigorifique. C’est un circuit fermé, sous pression, qui doit rester parfaitement étanche pendant quinze ans.
Pourquoi la longueur compte
Trois raisons, et elles se cumulent.
Le coût. Une liaison se chiffre au mètre, et le cuivre n’est pas donné. C’est le premier poste de variation entre deux devis pour la même maison.
La performance. Plus le trajet est long, plus il y a de pertes de charge et d’échanges thermiques parasites. Sur une liaison très longue, le rendement baisse sensiblement.
La charge de fluide. Les appareils sont préchargés pour une longueur standard, souvent cinq à sept mètres. Au-delà, il faut ajouter du fluide, ce qui doit figurer au devis et être réalisé par un technicien habilité.
Chaque mètre de liaison en plus coûte de l’argent et un peu de rendement. C’est pour cela qu’on place le groupe extérieur au plus près des unités intérieures, quand le bruit et l’urbanisme le permettent.
Les limites à respecter
Chaque fabricant fixe une longueur maximale et une dénivelée maximale entre les deux unités. Dépasser ces limites, c’est sortir des conditions de garantie et dégrader durablement le fonctionnement.
Les ordres de grandeur courants en résidentiel : quinze à vingt-cinq mètres de longueur, et huit à quinze mètres de dénivelée. Ces valeurs figurent dans la documentation technique, et un installateur sérieux les vérifie avant de proposer un emplacement.
| Paramètre | Ordre de grandeur en résidentiel | Ce qui se passe au-delà |
|---|---|---|
| Longueur de liaison maximale | 15 à 25 m | Hors garantie, pertes de charge |
| Dénivelée maximale entre unités | 8 à 15 m | Retour d’huile compromis |
| Longueur préchargée en usine | 5 à 7 m | Complément de fluide à prévoir au devis |
| Longueur incluse dans un devis | 5 m en général | Environ 35 € le mètre supplémentaire |
| Diamètres des deux tubes | 6 et 9,5 mm courants | Sections imposées par le fabricant |
Les cinq points d’une bonne liaison
1. L’isolation continue et intégrale. Chaque tube doit être isolé séparément, sur toute sa longueur, y compris derrière les traversées de mur. Un tube nu, même sur trente centimètres, perd de la performance et produit de la condensation qui goutte.
2. La protection contre les UV à l’extérieur. Un isolant noir non protégé se désagrège en deux ou trois ans sous le soleil toulousain. Il faut une goulotte, un ruban adhésif spécifique ou une gaine résistante.
3. Des cintrages amples. Un tube de cuivre plié à angle vif est écrasé à l’intérieur, ce qui étrangle le circuit. Un beau cintrage est large et régulier. C’est visible à l’œil.
4. Des raccords dudgeonnés proprement. Le raccordement se fait par évasement du tube, opération qui demande un outil et un savoir-faire. Un dudgeon mal fait est une fuite en préparation, et c’est la première cause de perte de fluide.
5. Le tirage au vide avant mise en charge. C’est l’étape invisible et la plus importante. Avant d’ouvrir le fluide, le circuit doit être vidé de son air et de son humidité au moyen d’une pompe à vide. Sauter cette étape fait gagner quarante minutes à l’installateur et coûte des années de vie à la machine : l’humidité résiduelle attaque l’huile du compresseur et acidifie le circuit.
Encastré ou en goulotte ?
En goulotte, en applique sur la façade ou le long des plinthes : c’est réversible, contrôlable, et une fuite se localise facilement. C’est moins élégant.
En encastré, dans une saignée ou en dalle : c’est invisible, mais toute intervention future devient un chantier. Si l’on encastre, il faut absolument éviter tout raccord dans la partie noyée, et prévoir une gaine de réservation.
La règle à tenir : jamais de raccord encastré. Les liaisons peuvent être noyées, les raccords doivent rester accessibles.
| Mode de passage | Avantage | Inconvénient | Règle absolue |
|---|---|---|---|
| Goulotte en applique | Réversible, fuite localisable | Moins élégant | Protection anti-UV à l’extérieur |
| Encastré en saignée | Invisible | Toute reprise devient un chantier | Gaine de réservation, aucun raccord noyé |
| Encastré en dalle | Invisible | Irréversible | Aucun raccord noyé, jamais |
| Mixte | Le meilleur compromis | Demande une étude du tracé | Raccords regroupés en partie accessible |
Ce que ça implique pour le choix de l’emplacement
La longueur de liaison est l’un des trois critères d’implantation du groupe extérieur, avec le bruit et les contraintes d’urbanisme. Il faut arbitrer entre les trois, et le bruit prime toujours.
Un groupe placé à quinze mètres pour l’éloigner des chambres est un bon compromis. Un groupe placé à quinze mètres par facilité de pose ne l’est pas.
Ce que la liaison révèle du reste
La liaison n’est pas un sujet isolé : elle dépend de l’emplacement du groupe, elle se lit sur le devis, et elle se contrôle après la pose.
En amont, c’est l’implantation qui fixe la longueur. Les six règles, dont celle qui prime sur toutes les autres — l’éloignement des chambres — sont dans le guide de l’unité extérieure.
Sur le papier, trois lignes suffisent à situer une entreprise : longueur prévue, tarif du mètre supplémentaire, mention explicite du tirage au vide. Les sept mentions techniques et la grille de comparaison sont dans le guide du devis de climatisation.
Après la pose, l’isolant déchiré et les cintrages écrasés se repèrent à l’œil, et figurent parmi les douze points listés dans l’article sur la façon de reconnaître une installation mal faite. Le tirage au vide, lui, ne se vérifie jamais après coup.
Ce qu’il faut vérifier sur un devis
- La longueur de liaison prévue, en mètres.
- Le tarif du mètre supplémentaire, pour éviter la surprise en fin de chantier.
- La mention explicite du tirage au vide.
- Le mode de passage retenu : goulotte, encastré, ou mixte.
- Le complément de fluide s’il est nécessaire.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une liaison frigorifique ?
Deux tubes de cuivre de diamètres différents, 6 et 9,5 mm couramment, isolés séparément, dans lesquels circule le fluide frigorigène, l’un en phase liquide, l’autre en phase gazeuse. S’y ajoutent le câble de commande et le tuyau de condensats, le tout sous goulotte.
Quelle longueur maximale pour une liaison frigorifique ?
De 15 à 25 m selon le modèle, avec une dénivelée maximale de 8 à 15 m entre les deux unités. Ces valeurs sont données par le fabricant : les dépasser fait sortir des conditions de garantie et dégrade durablement le fonctionnement.
Combien coûte un mètre de liaison supplémentaire ?
De l’ordre de 35 € le mètre, à quoi s’ajoute un complément de fluide au-delà de la longueur préchargée en usine, généralement 5 à 7 m. Ces deux lignes doivent figurer au devis pour éviter la surprise en fin de chantier.
Une liaison longue fait-elle perdre du rendement ?
Oui, par pertes de charge et échanges thermiques parasites, mais l’effet reste modéré tant qu’on demeure dans les limites du fabricant. Éloigner le groupe de 15 m pour le sortir des chambres reste un bon arbitrage : le bruit prime.
Peut-on encastrer une liaison frigorifique ?
Oui pour les tubes, jamais pour les raccords. Un seul dudgeon noyé dans une dalle suffit à rendre une fuite impossible à localiser et à reprendre. Si l’on encastre, on prévoit une gaine de réservation et on regroupe les raccords en partie accessible.
Qu’est-ce qu’un raccord dudgeonné ?
Un raccordement obtenu en évasant l’extrémité du tube de cuivre avec un outil dédié, pour la serrer contre un cône. C’est un geste qui demande du savoir-faire : sur une installation neuve, 1 fuite sur 2 vient d’un dudgeon mal réalisé.
Pourquoi l’isolant des liaisons se dégrade-t-il ?
Sous l’effet des UV. Un isolant noir non protégé se désagrège en 2 ou 3 ans sous le soleil toulousain. À l’extérieur, il faut une goulotte, un ruban adhésif spécifique ou une gaine résistante : c’est 30 € de matériel et 10 ans de tranquillité.
Un tube nu sur 30 cm, est-ce grave ?
Oui, sur 2 plans : une perte de performance et surtout de la condensation qui goutte, souvent à la traversée de mur, là où personne ne la voit. L’isolation doit être continue et intégrale, chaque tube isolé séparément.
Comment reconnaître un bon cintrage ?
À l’œil : il est ample et régulier, avec un rayon d’au moins 3 à 4 fois le diamètre du tube. Un tube plié à angle vif est écrasé à l’intérieur, ce qui étrangle le circuit sans qu’on puisse le corriger ensuite. Reprendre un cintrage raté suppose de refaire la liaison entière.
Le tirage au vide concerne-t-il la liaison ?
Il concerne tout le circuit, liaison comprise, et c’est l’étape la plus importante des 40 dernières minutes du chantier. Avant la mise en charge, l’air et l’humidité doivent être évacués à la pompe à vide : l’eau résiduelle attaque l’huile du compresseur et acidifie le circuit.
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Sparte est cheministe et ramoneur à Toulouse depuis 1972, et intervient sur le bâti toulousain toute l’année. Cet article est publié à titre d’information.
